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Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /Juin /2007 01:26
 

 


Mais pas toujours attention,

seulement quand mon esprit divague


ou bien quand il est submergé par la rage,

quand je ne me sens plus qu'un pion, un rond, un boulon, sans vis.

Sans appendice, j'ai une subite envie de supplice.


s'il vous plait, please, pour les polyglottes

j'aimerai ne pas finir sur une fausse note

mais sur un violon, sans malice,

sans avoir à pleurer sans cesse parce que je ne sais pas nager.


je souhaiterai voler, et puis et puis, oui, plein d'autres choses encore,

je vous ferais une liste,

oh, rien, juste, deux ou trois suppliques, un petit rien,

si difficiles, si inutiles et loingtaines, que je devrais, pour cela, écrire en lettres de satin.


Donnez moi à manger, j'ai faim.

C'est un ordre.

finalement, on s'entend bien ?


Allez, laissez moi maintenant, car mon esprit divague.

Par cavana - Publié dans : aventure
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Mercredi 29 mars 2006 3 29 /03 /Mars /2006 03:03

 

 

 

MOTS   MOTS  MSOT   SOT 

 

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URL : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/00/42/63/rire-008.mp3 

 

 

 

 

 

 

Par cavana - Publié dans : aventure
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Jeudi 5 janvier 2006 4 05 /01 /Jan /2006 17:30

 

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Jeanne choisit de prendre le large. Sa besace sur le dos, elle embarque sur un vieux cargo à quai près du pont Alexandre III. On ne sait plus vraiment quel est le sens du courant. Les saules freinent son avancée, mais, comme ses autres compagnons de galère, la jeune femme courageuse rame. Les poissons volants éclaboussent les marins qui tentent de les assommer du plat de la rame.
 

Pendant ce temps là,  Yvonne s’enfonce profond dans la Seine, profond dans le dérisoire de la situation, profond dans la découverte du passé éternel, profond dans l’eau. Elle sourit plus fort en pensant à ce qui lui arrive. Elle pleure aussi. Mais c’est bien sûr impossible de discerner des larmes sur ses joues quand celles ci plongent dans l’eau glacée du fleuve. « Pourquoi je pleure ? Tiens, pourquoi je pleure ? ".

Perte totale des distances, du palpable et de l’abstrait.  15 mètres : immersion totale bercée d’images inversées, l’être n’est plus être, il est âme, il est fœtus, il est larve. Il s’enfonce et perd la notion du soleil et de l’eau. Il perd l’image de son père et de son chien. Celle qui croyait descendre, se voit soudain propulser vers le haut qui l’a vu naître. Après, Yvonne ne sait plus et ne veut plus savoir. Elle comprend juste que quelques corps, autres que le sien, la matent de leur organe visuel.

 

Un ange passe à hauteur du pont. Il a entendu quelque chose, comme un plouf. Et comme tout le monde le sait, les anges sont des êtres extrêmement curieux. Il s’installe confortablement sur un banc estimant la scène digne d’intérêt. A l’aide de son magnétophone portatif, il enregistre des bribes de paroles. « Tiens, elle est mignonne la petiote là. C’est quoi son ptit nom ? … » Il se connecte quelques secondes sur internet, pas plus, parce qu’il a pas l’ADSL et y a des restrictions drastiques de budget en ce moment, ça serait con qui se fasse choper pour ça. «  Ha Jeanne, pas mal, pas mal ». Mais bon, y a pas de mal hein, tout le monde connaît le sexe des anges…..

 

Jeanne est au dessus du corps d’Yvonne et chante des incantations pour la faire revenir à la vie : « Tes yeux se sont ouverts aujourd’hui. Tout s’est passé très rapidement. Tes entrailles ont envahit le ciel qui s’est voilé de ta douceur. Maintenant tu es. Tu vas apprendre à rugir et à crier. Tu va voir qui tu es et où tu vas. Tu vas chercher la liberté. Peut être ne la trouveras-tu jamais. Mais tu auras toujours la liberté de la trouver. » 

Yvonne, dans un dernier râle arrive à interrompre le marabout en herbe en susurrant des petits souffles d’eau. Jeanne sentant l’importance du moment, colle son oreille à la bouche bleutée de l’agonisante. Leurs corps n’en forment plus qu’un. Les marins se sont tous arrêtés de chasser les poissons, tous attendent le verdic. Jeanne boit les chuchotements que la rivière a faillit effacer à jamais. Le ciel se fend d’un éclair.  Le fleuve est soudain pris d’une grosse quinte de toux. Des vagues orangées se forment. Que c’est beau. Yvonne est revenue à la vie !

C’est ça l’espoir. Croire que tout est perdu, que tout est fini à jamais, faire croire même à celle qui raconte l’histoire qu’il n’y a plus rien à faire. Et pourtant détrompez vous ! Yvonne va très bien. Elle est juste un peu gonflée et la couleur de sa peau est bleue. Mais c’est très chic. Elle va pouvoir faire sensation dans les soirées de son âge et susciter la jalousie des octogénaires. C’est fantastique. Un petit saut et hop, tout peut changer.  Yvonne est radieuse et commence à entamer une danse  du vent. Jeanne fera office de totem. Les pieds battent le rythme du tonnerre contre le bois pourri de la chaloupe. C’est très jazzy. Les marins claquent des doigts et font des vocalises. Jeanne ferme les yeux et se laisse emporter par la musique vaudou. Les poissons forment des rosaces élaborées en se croisant au dessus du bateau.

Personne ne remarque, qu’à cet instant précis, un ange est adossé à la proue du bateau et esquisse un dessin sur un petit carnet à spirale.

 

 

 

 

 

Par cavana - Publié dans : aventure
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